Ethnies d’aujourd’hui, le Laos du Nord.

Hmongs, Akha, et Yao. Ces semi nomades dont leurs ancêtres peuplaient l’Asie centrale...

samedi 3 avril 2010


Nous avons atteint notre point de route le plus au nord du Laos, Muang Khoua. Le pays des montagnes, des aigles et surtout des nombreuses ethnies qui y vivent.

Aigle , Muang Khoua, Laos. - 64.4 ko
Aigle , Muang Khoua, Laos.

En fait nous avions espéré aller un peu plus haut jusqu’à Phongsali, mais usés par les routes en travaux, les pistes défoncées et les nombreuses heures à rouler, nous avons posé nos pneus sur les bords de la rivière Nan Ou.

Ce n’est vraiment pas un problème au Laos de se poser comme ça quelques jours aux abords d’un village. Les gens sont discrets et ne viennent que rarement nous voir, si ce n’est pour une vraie visite de courtoisie. Le restaurant en haut de la berge nous évite de faire la cuisine et est suffisamment loin pour que l’on ne soit pas dérangé par la musique. La vie ici est rythmée par le va et vient du ferry, qui est le point de passage obligé pour aller a Dien Bien Phu, Vietnam. Un rythme très nonchalant, nous sommes au Laos ! Il faut boire une bière Laos, jouer à la pétanque, laver le camion ou la voiture dans la rivière, manger, roter, cracher, se racler si profondément la gorge qu’on en vomit, puis enfin si le bac est du bon coté, on passe, sinon on recommence !

Le Vietnam est à vol d’aigle à 50kms et la Chine à 150kms. Aujourd’hui c’est sans conteste la raison de très importants changements dans la vie quotidienne de cette région. Le commerce chinois bat son plein à Oudomsay, et si le développement économique de cette ville est spectaculaire, elle n’offre que l’intérêt pour nous d’avoir internet. Il en va de même d’ailleurs dans tous les gros bourgs du nord, qui ne sont pour nous que des villes étapes, et surtout pas des bivouacs.

La route entièrement en chantier sur près de 100kms, fut longue depuis le poste frontière (voire les infos pratiques du passage : [1]) de HouaySay jusqu’à Oudomsay, la moyenne a chutée à 10km/h. C’est pas qu’on soit attendu ou accroc du timing (vous l’aviez remarqué ?), mais huit heures de conduite dans un chantier et sous la pluie, ce n’est pas trop notre tasse de thé. Le bord de route nous fait oublier le temps et s’arrêter pour une heure ou deux parce que la pelleteuse est entrain de faire les canalisations, est l’occasion de faire quelques photos et de vivre au rythme du village.

Ici l’on construit ici une maison. (Voir la galerie photos) Disons une pièce sur pilotis, avec un toit quatre murs et un plancher. Matériaux unique, le bambou. Temps de fabrication, la journée. Participation de presque tout le village (communisme) à cette œuvre plus que basic et très éphémère.

Là, autours d’un autre bivouac (toujours proche d’une rivière !). C’est encore un travail collectif que de couper la canne à sucre ou de la planter (voir la galerie photos). Les montagnes sont certes déboisées et la déforestation est importante. Mais devrait-on les blâmer de se faire des terres cultivables, plutôt que de crever la faim en regardant des forêts primaires ? Je n’ai pas d’états d’âme écologique, lorsque je vois le seuil de pauvreté, le courage et l’énergie qu’ils ont ici à essayer de gagner leur vie.

 

Contours encrés travail d’artiste !

Les ethnies ? C’est le grand mot des brochures et guides. Les peuples du Nord Laos sont à grand regret, déjà bien rongés par le monstre chinois. Les marchés sont d’une pauvreté artisanale déconcertante, le plastique est partout. Même les objets du quotidien ne sont que de vieilles ferrailles ou bassines en alu. Les habits de cet autre monde envahissent les étales et seul le sarong tissé sur place réussit encore à tenir bon face au jean... Et surtout, il n’y a pas grand monde. Ce n’est pas un jour de fête me direz-vous ? J’ai juste un peu de nostalgie pour ces marchés tribaux du sud de l’Ethiopie (Voir la galerie photos). Pas plus riche, mais que de couleur et de joies de vivre et de monde. Alors ce fut plus au hasard des virages sur la route, au petit matin que nous vîmes le plus de parures, Hmongs, Akha, et Yao, que sur les marchés. Ces semi nomades dont leurs ancêtres peuplaient l’Asie centrale. On a refusé de payer un trek fort cher pour voir un village artificiel comme aux alentour de Luang Mantas. Un Disney ethniK.

 

Portraits Nord Laos.

On repart heureux d’être venu jusque là et d’y avoir séjourné de façon si paisible. Nous allons maintenant faire la fête la semaine prochaine à Luang Prabang, c’est pour vous Pâques ? Pour nous c’est le nouvel an, et un de plus ! Rendez-vous l’année prochaine !

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Notes

[1] C’est un ferry qu’il faut prendre pour traverser le Mékong, fermé à 16H. Pas de limite de tonnage, puisque c’est la route du commerce chinois. J’ai payé 1000 baths. Les papiers administratifs de sortie de Thaïlande se font en cinq minutes. Une fois sur l’autre rive, il faut se garer devant le bureau de la douane, faire tamponer le Carnet et payer 10000 kip,frais administratifs avec un recu. Puis se rendre en ville ou accostent les passagers pour faire le visas. 30 jours 30$, le tout en 30minutes !

 
 

 

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